Il peut être difficile de trouver des données fiables sur la taille de la population des vendeuse·eur·s de rue et des commerçant·e·s de marché dans une ville ou un pays donné.

Pourquoi les vendeuse·eur·s de rue et les commerçant·e·s de marché peuvent être absent·e·s des statistiques officielles

  • Il n’y a pas de question sur le lieu de travail dans les recensements de la population, ni dans les enquêtes sur les forces de travail.
  • La question « lieu de travail » ne dispose pas de catégories de réponse appropriées pour permettre aux analystes de données d’identifier les vendeuse·eur·s de rue.
  • Lorsqu’il y a une question sur le lieu de travail avec des catégories de réponse appropriées, les résultats ne sont pas compilés ou diffusés.
  • Et il existe des catégories professionnelles détaillées pour les vendeuse·eur·s de rue et commerçant·e·s de marché dans la Classification internationale type des professions (CITP-88), mais elles ne sont pas compilées ou publiées dans les statistiques officielles des pays.

Pourquoi le nombre de vendeuse·eur·s de rue peut être sous-estimé

Même lorsque les statistiques officielles tiennent compte des vendeuse·eur·s de rue et des commerçant·e·s de marché, elles sont susceptibles de sous-estimer le nombre total de ces travailleuse·eur·s dans une ville donnée.

  • Les vendeuse·eur·s de rue et les commerçant·e·s de marché peuvent déclarer que leur « lieu de travail » est leur domicile plutôt que la rue, ou ne déclarer aucun lieu de travail.
  • Beaucoup de travailleuse·eur·s utilisent la vente de rue ou le commerce de marché comme une occupation secondaire, saisonnière, temporaire ou à temps partiel, et ne le déclarent donc pas comme un emploi.
  • Certain·e·s commerçant·e·s de marché et la plupart des vendeuse·eur·s de rue se sentent mal à l’aise de déclarer leur véritable métier dans les enquêtes gouvernementales en raison des risques qu’elles·ils rencontrent en travaillant dans l’espace public. Par exemple, un·e vendeuse·eur de rue peut déclarer travailler en tant que « micro-entrepreneuse·eur » lorsqu’elle·il répond à une enquête officielle du gouvernement. Cela s’explique notamment par la crainte de sanctions liées à la vente de rue comme une profession, comme des redevances, la confiscation de marchandises ou même la prison. En outre, il existe dans certains pays un préjugé social contre les emplois informels.

Autres défis

Même lorsque les statistiques officielles fournissent le dénombrement national le plus fiable des vendeuse·eur·s de rue, elles ne peuvent pas toujours être désagrégées de manière qu’elles soient utiles aux urbanistes et aux organisations des vendeuse·eur·s de rue. On peut souvent faire la distinction entre les zones urbaines et les zones rurales, ou les zones métropolitaines et les zones non métropolitaines, mais pas entre les villes (en dehors de la capitale) ou à l’intérieur des zones des villes. Dans certains pays, il est possible de désagréger les enquêtes nationales sur les forces de travail au niveau des villes individuelles, mais uniquement pour les villes les plus peuplées.

Le programme de Statistiques de WIEGO s’efforce depuis de nombreuses années d’améliorer la mesure des vendeuse·eur·s de rue et des commerçant·e·s de marché dans les statistiques officielles, et de publier ces données. L’une des principales avancées pour améliorer la mesure de ces groupes de travailleuse·eur·s est la nouvelle priorité accordée, lors des 20e et 21e sessions de la Conférence internationale des statisticiens du Travail, à une question sur le lieu de travail dans les enquêtes auprès des ménages. Les données sur les deux groupes de travailleuse·eur·s dans différents pays sont publiées dans la série de notes statistiques de WIEGO et compilées ensemble dans la Note d’information statistique n° 40. Vendeurs de rue et commerçant·e·s de marché dans 12 pays : un profil statistique.

Dans de nombreuses villes, les seules données disponibles sur les vendeuse·eur·s de rue sont des estimations non officielles et souvent ponctuelles. Une publication de 2012 par StreetNet International propose une analyse détaillée des vendeuse·eur·s de rue répertorié·e·s dans la municipalité d’eThekwini (Durban, Afrique du Sud), en fonction du type de zone et de leur localisation au sein de celles-ci. Cette analyse inclut également des observations suffisamment précises sur les caractéristiques démographiques et professionnelles des vendeuse·eur·s.