Ce blog présente des statistiques sur les spécificités des vendeuse·eur·s de rue et des commerçant·e·s de marché, basées sur des données nationales et locales provenant des 12 pays cités dans la dernière édition de la Note d’information statistique de WIEGO: Afrique du Sud, Brésil, Chili, El Salvador, Ghana, Inde, Mexique, Ouganda, Pérou, Sénégal, Thaïlande et Turquie.
Les vendeuse·eur·s de rue vendent des biens et proposent des services dans des espaces publics au sens large, tels que les rues, les parcs et les espaces ouverts à proximité des transports et des sites de construction. Les commerçant·e·s de marché vendent des biens et proposent des services dans des étals ou des marchés aménagés sur des terrains publics ou privés.
Les commerçant·e·s et les vendeuse·eur·s représentent un pourcentage important de toute la population active
Plus d’un million de personnes travaillent comme commerçant·e·s de marché ou vendeuse·eur·s de rue au niveau national au Ghana, au Sénégal, en Ouganda, au Pérou et en Thaïlande. Au Sénégal, la représentation de ces deux groupes dans l’emploi total atteint 24 %, et 52 % dans la capitale, Dakar. En Inde, les commerçant·e·s de marché et les vendeuse·eur·s de rue constituent ensemble 16,5 millions de travailleuse·eur·s ; dans les plus grands pays d’Amérique latine (Brésil et Mexique), plus de deux millions de travailleuse·eur·s font partie de ces groupes.
Dans les trois quarts des pays, il y a plus de femmes que d’hommes parmi les vendeuse·eur·s de rue
Les femmes prédominent parmi les vendeuse·eur·s de rue dans neuf pays : Au Ghana, elles représentent 83 % des vendeurs ; au Pérou, 68 % ; au Salvador, 67 % ; en Afrique du Sud, 62 % ; au Sénégal, 57 % ; au Mexique, 56 % ; en Ouganda, 54 % ; au Brésil, 53 % et en Thaïlande, 53 %. Les hommes sont largement majoritaires en Turquie (85 %) et au Chili (55 %). Les femmes constituent la majorité des commerçant·e·s de marché dans la moitié des pays : Ghana, Ouganda, Thaïlande, El Salvador, Mexique et Pérou. Au Ghana, les femmes représentent 83 % des commerçant·e·s, et au Salvador, 72 %.
Une immense majorité de commerçant·e·s et de vendeuse·eur·s occupent des emplois informels
Tou·te·s les commerçant·e·s et vendeuse·eur·s de rue en Inde et presque tou·te·s les travailleuse·eur·s de ces groupes au Ghana et en Ouganda sont en emploi informel. Dans la plupart des autres pays (à l’exception de la Turquie et du Chili), au moins 80 % des commerçant·e·s de marché occupent des emplois informels. Parmi les vendeuse·eur·s de rue au Mexique, en Afrique du Sud, au Sénégal, au Pérou, au Salvador et en Thaïlande, plus de 90 % sont en emploi informel.
La plupart des vendeuses de rue et des commerçantes de marchés travaillent pour leur propre compte
La plupart des commerçantes de marché et des vendeuses de rue travaillent pour leur propre compte, c’est-à-dire qu’elles sont indépendantes et n’ont pas d’employé·e·s. Les exceptions sont les commerçantes de marché en Turquie, où 33 % d’entre elles travaillent pour leur propre compte, et les commerçantes de marché et les vendeuses de rue en Inde, où 76 % des deux groupes combinés sont des employées. Au niveau national, les pourcentages de femmes travaillant pour leur propre compte parmi les commerçant·e·s de marché varient de 50 % au Pérou à 86 % au Ghana. Les pourcentages sont encore plus élevés concernant les vendeuses de rue, allant de 72 % à 89 % dans tous les pays, à l’exception de la Turquie et de l’Inde.
Les commerçant·e·s de marché travaillent plus d’heures que les vendeuse·eur·s de rue
Les commerçant·e·s ont tendance à travailler plus d’heures que les vendeuse·eur·s de rue, et les femmes travaillent moins d’heures que les hommes dans les deux groupes de travailleuse·eur·s. Parmi les vendeuse·eur·s de rue, une plus grande proportion d’hommes que de femmes ont généralement un temps de travail plus élevé (plus de 48 heures par semaine). En général, dans les 12 pays, les heures de travail des commerçant·e·s de marché et des vendeuse·eur·s de rue sont plus longues dans les grandes villes qu’au niveau national.
Les niveaux d’études des commerçant·e·s et des vendeuse·eur·s varient considérablement d’un pays à l’autre
Les hommes et les femmes ayant achevé leurs études secondaires représentent la majorité des commerçant·e·s de marché dans la moitié des pays : Ghana, Afrique du Sud, Ouganda, Chili, Mexique et Pérou. Parmi les vendeuse·eur·s de rue, les personnes ayant terminé des études secondaires sont les plus nombreuses au Ghana, au Brésil, au Chili, au Mexique et au Pérou. En Ouganda, au Chili, au Mexique et au Pérou, une grande partie des commerçant·e·s de marché a suivi une formation de niveau supérieur ou tertiaire. Dans les trois pays d’Amérique latine, cette proportion varie de 22 à 35 % pour les femmes et de 25 à 38 % pour les hommes. Au Sénégal et au Salvador, beaucoup de commerçant·e·s et de vendeuse·eur·s de rue n’ont pas atteint le niveau d’études primaires : 68 % des femmes et 66 % des hommes parmi les vendeuse·eur·s de rue au Sénégal.
La plupart des commerçant·e·s de marché et des vendeuse·eur·s de rue sont au sommet de leur vie active
La majorité des commerçant·e·s de marché et des vendeuse·eur·s de rue ont entre 25 et 54 ans dans les 12 pays. Les plus jeunes (15 à 24 ans) représentent près d’un quart ou plus de l’emploi dans le commerce de marché en Ouganda, au Salvador et au Pérou. Parmi les vendeuse·eur·s de rue, la tranche d’âge la plus jeune représente à peu près le même pourcentage d’emploi, et une portion légèrement inférieure au Sénégal, en Ouganda et au Salvador. Les travailleuse·eur·s âgé·e·s de 65 ans et plus représentent un pourcentage très faible de l’emploi dans le commerce de marché et la vente de rue dans les pays d’Afrique et en Inde, mais un pourcentage plus important dans les pays d’Amérique latine.
Les vendeuse·eur·s de rue et commerçant·e·s de marché dans 12 pays :un profil statistique (Note d’information statistique de WIEGO no 40), par Tomás Ramírez et Joann Vanek, fait partie de la série de publications de WIEGO.
Photo du haut : Une commerçante de marché à son étal à Bangkok, en Thaïlande. Crédit photo : Paula Bronstein/Getty Images
Les notes d’information de cette liste fournissent des informations supplémentaires sur les commerçant·e·s de marché et les vendeuse·eur·s de rue, ainsi que sur d’autres groupes de travailleuse·eur·s occupant principalement des emplois informels.
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- William Baah-Boateng et Joann Vanek. 2020. Travailleuse·eur·s de l’informel au Ghana : un aperçu statistique. Note d’information statistique de WIEGO no 21.
- Gayatri Koolwal. 2022. Travailleuse·eur·s de l’informel au Sénégal : un profil statistique. Note d’information statistique de WIEGO no 31.
- Gayatri Koolwal (à paraître). Travailleuse·eur·s de l’informel en Ouganda : un profil statistique, 2018-2021. Note d’information statistique de WIEGO no 41.
- Afrique du Sud. Les tableaux de la Note d’information statistique no 40 ont été élaborés par Mike Rogan, associé de recherche de WIEGO.
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- Wissanee Poonsab, Joann Vanek et Françoise Carré. 2019. Les travailleuse·eur·s de l’informel dans les villes de Thaïlande : un aperçu statistique. Note d’information statistique de WIEGO no 20.
- Inde. Les tableaux ont été élaborés par Raveendran Govindan, ancien directeur général adjoint de l’Organisation centrale des statistiques du gouvernement indien.
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- Mathilde Bouvier, Joann Vanek et François Roubaud. 2022. Travailleuse·eur·s de l’informel au Brésil : un profil statistique. Note d’information statistique de WIEGO no 33.
- José de Jesús Luján Salazar et Joann Vanek. 2022. Travailleuse·eur·s de l’informel au Chili : un profil statistique. Note d’information statistique de WIEGO no 30.
- Mathilde Bouvier et Joann Vanek. 2023. Travailleuse·eur·s de l’informel au Salvador : un profil statistique, 2019-2021. Note d’information statistique de WIEGO no 36.
- Tomás Ramírez et Joann Vanek. 2023. L’impact de la COVID-19 dans l’emploi au Mexique, 2020-2023. Note d’information statistique no 37 et tableaux supplémentaires pour la Note d’information statistique no 40.
- Tomás Ramírez, Renato Carcelén, Carmen Roca et Joann Vanek. 2023. Travailleuse·eur·s de l’informel au Pérou : un profil statistique, 2015-2021. Note d’information statistique de WIEGO no 34.
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- Gayatri Koolwal (à paraître). Travailleuse·eur·s de l’informel en Turquie, 2019-2022. Note d’information statistique de WIEGO no 42.