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Protéger les droits humains dans l’emploi informel

Les États s’engagent, via leurs constitutions nationales et les traités internationaux, à garantir le respect des droits humains, y compris le droit de travailler et les droits au travail. Pourtant, les directives spécifiques que les États devraient suivre pour assurer ces droits aux travailleuse·eur·s de l’informel demeurent insuffisamment développées.

Notre mission consiste à sensibiliser les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux chargés de promouvoir et de protéger les droits humains, dans le but de pallier ces lacunes. Notre travail met particulièrement l’accent sur l’Amérique latine : depuis 2017, nous cherchons à faire progresser les droits des récupératrice·eur·s de matériaux en plaidant leur cause devant la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) et en soutenant les initiatives de nos partenaires pour exiger des gouvernements et d’autres acteurs influents qu’ils assument leurs responsabilités face aux violations des droits des travailleuse·eur·s de l’informel.

ActivitésCollaboration avec la Commission interaméricaine des droits humains

La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) est l’institution régionale chargée de promouvoir et de protéger les droits humains à travers le continent. Depuis 2019, nous travaillons en étroite collaboration avec le bureau des rapporteuse·eur·s sur les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux (REDESCA) pour plaider en faveur d’une attention accrue aux droits des travailleuse·eur·s de l’informel, notamment ceux des récupératrice·eur·s de matériaux et des vendeuse·eur·s de rue.

Ce partenariat a abouti à plusieurs avancées concrètes : l’alors REDESCA a rencontré des récupératrice·eur·s de matériaux dans divers pays, à savoir le Pérou, le Mexique, le Costa Rica, le Panama, l’Argentine et l’Uruguay. La CIDH a également publié un communiqué de presse à l’occasion de la fête du Travail. Plus important encore, elle a organisé une audience publique sur les droits des travailleuse·eur·s de l’informel lors de la 187e période de sessions, offrant aux récupératrice·eur·s un espace pour exposer directement les défis auxquels elles·ils font face dans leur métier.

ActivitésÉtude sur les droits des récupératrice·eur·s de matériaux dans six pays

Entre 2017 et 2019, nous avons documenté la situation des droits humains des récupératrice·eur·s de matériaux en visitant des organisations de travailleuse·eur·s dans six pays d’Amérique latine : l’Argentine, la République dominicaine, le Guatemala, le Mexique, le Nicaragua et l’Uruguay. Nos observations ont été rassemblées dans des rapports détaillés, qui ont ensuite servi de base à une appréciation juridique concluant que les conditions de travail de ces travailleuse·eur·s en Amérique latine constituent une violation de leurs droits, en vertu de la Convention interaméricaine des droits humains et du Protocole de San Salvador.

Cette appréciation juridique a été soumise à la CIDH et incluse dans les rapports REDESCA de 2019 et 2021. Pour la première fois, la CIDH a ainsi exprimé une opinion sur les droits humains des récupératrice·eur·s de matériaux.

ActivitésBoîte à outils d’éducation populaire pour les récupératrice·eur·s de matériaux

Afin de garantir que les conclusions de nos visites auprès des organisations de récupératrice·eur·s de matériaux soutiennent effectivement l’organisation des travailleuse·eur·s, nous avons publié en 2018 des ressources pédagogiques populaires en droits humains. Cette boîte à outils comprend un guide pour identifier les violations des droits, un jeu de serpents et échelles, un jeu de mémoire, une bande dessinée et une affiche. Conçue pour être utilisée de manière autonome, la boîte à outils vise également à appuyer les animatrice·eur·s qui accompagnent les organisations de travailleuse·eur·s dans le développement de leur connaissance des droits.